37e Législature, 2e Session

 [Parliamentary Coat-of-Arms]

Hansard révisé • Numéro 051

Lundi 3 février 2003

[Hansard – Page 3069]

Affaires courantes

 [Français]

Le contrôle des armes à feu

M. Garry Breitkreuz (Yorkton—Melville, Alliance canadienne): Monsieur le Président, nous n'avons pas encore eu l'occasion de lire les deux rapports des consultants qui viennent d'être rendus publics. Ils semblent indiquer qu'on tente un tour de passe-passe pour escamoter un cafouillage d'un milliard de dollars et absoudre le ministre et les hauts fonctionnaires de leur incompétence. Tout ce que le ministre fait aujourd'hui, c'est confirmer qu'ils ont réellement gaspillé un milliard de dollars.

    Le 8 janvier, le ministre précisait dans un communiqué que les services de KPMG avaient été retenus

 

[...] pour passer en revue les principales transactions financières en vue de vérifier si les systèmes et contrôles financiers du Centre canadien des armes à feu (CCAF) étaient adéquats et correctement appliqués. Cela permettra de confirmer la validité des états financiers du Programme.

    Aujourd'hui, le ministre signale que KPMG a trouvé exactement ce qu'il lui avait demandé de trouver. Quant au rapport de M. Hession, le ministre affirme que le Parlement doit maintenant attendre quelques semaines encore pendant que lui-même prépare un plan d'action.

    Pourquoi le Parlement doit-il attendre encore quelques semaines? Les hauts fonctionnaires du ministre n'auraient donc absolument rien fait au cours des derniers mois? Le ministre a déposé ses prévisions budgétaires en mars 2002 en disant que le registre des armes à feu fonctionnait très bien, mais qu'il lui fallait 113,5 millions de dollars de plus. Comment pouvait-il ignorer que le programme avait des ratés à ce moment-là?

    Le ministre a déposé un budget supplémentaire en octobre en répétant que le registre des armes à feu fonctionnait très bien, mais qu'il lui fallait 72 millions de dollars de plus. Pourquoi n'avait-il pas été informé que le programme faisait problème à ce moment-là?

    Le ministre a reçu le rapport de la vérificatrice générale des semaines avant sa publication le 3 décembre. Pourquoi a-t-il attendu que les médias en fassent un plat avant d'agir? Pourquoi a-t-il attendu que huit provinces et trois territoires exigent que le programme soit passé en revue avant d'agir?

    Le ministre demande au Parlement d'adopter le projet de loi C-10A en faisant valoir que les amendements en question, qui remontent à deux ans, sont nécessaires pour corriger la situation alors que son propre groupe d'utilisateurs d'armes à feu, chargé de le conseiller, reconnaît lui-même qu'il est loin de pouvoir régler la myriade de problèmes qui se posent. Si le Parlement a l'intention de modifier la Loi sur les armes à feu, il faut qu'il le fasse une fois pour toutes.

    Enfin, les deux rapports que le ministre a déposés aujourd'hui continuent de garder le Parlement dans l'ignorance. Ils ne précisent pas combien de temps prendra la mise en oeuvre complète du registre ni combien cela coûtera. Qui plus est, le Parlement et la population sont censés attendre que la vérificatrice générale confirme que le registre est entièrement efficace pour contrôler l'utilisation criminelle des armes à feu.

    Il n'est plus question de contrôle de armes à feu, mais d'un gouvernement qui a perdu le contrôle.