LE REGISTRE DES ARMES À FEU NE PERMET PAS À LA POLICE DE SAVOIR OÙ ELLES SE TROUVENT

par Gary Breitkreuz, député – 18 février 2005

Non seulement le programme fédéral des armes à feu coûte‑t‑il aux contribuables 2 milliards de dollars une fois pris en compte les coûts de l’application de la loi et de l’observation et les coûts économiques, mais en plus il ne donne pas les résultats promis par les libéraux. Le 20 mai 2004, la ministre de la Sécurité publique, Anne McLellan, a indiqué qu’un des principaux objectifs du programme d’enregistrement des armes à feu était de donner à la police des informations importantes pour aider à prévenir des blessures et faire enquête sur les crimes commis avec une arme à feu.

Mais chaque fois que nous posons une question au gouvernement sur l’efficacité réelle du registre, la question est diluée dans les statistiques selon lesquelles la police interroge le système 2 000 fois par jour. Heureusement pour lui, le gouvernement n’a pas de statistiques sur le nombre de fois où la police en tire des renseignements utiles. Très peu souvent, croyons-nous, parce que le programme n’est pas conçu pour dire où se trouvent les armes à feu.

Dans un récent reportage, on disait que le Centre canadien des armes à feu a mis à la poste plus de 773 000 renouvellements de permis d’armes à feu et que 46 000 enveloppes sont revenues avec la mention « non livré ». Comment la ministre peut-elle prétendre que la police sait où se trouvent les armes à feu alors que le gouvernement fédéral ne peut même pas dire à la police où habitent leurs propriétaires? Mais ce n’était pas la première fois que l’état major libéral perdait la trace de dizaines de milliers de propriétaires d’armes à feu. En 2001, ils ont perdu la trace de 38 600 propriétaires de carabines et de fusils de chasse. En 2002, c’est 24 600 propriétaires de fusils et 11 800 propriétaires enregistrés d’armes de poing qui sont disparus des dossiers.

Outre le fait qu’on a perdu la trace de plus de 120 000 propriétaires d’armes à feu, voici quelques faits dont la ministre McLellan omet de tenir compte dans les vaines tentatives qu’elle fait pour défendre son projet inutile de 2 milliards de dollars :

1.      La police ne sait pas où se trouvent les armes à feu parce que le gouvernement n’oblige pas les 176 000 personnes les plus dangereuses à qui la possession d’une arme à feu est interdite de signaler leurs changements d’adresse;

2.      la police ne sait pas où se trouvent les armes à feu parce que le gouvernement n’exige pas d’être tenu au courant des changements d’adresse de 37 000 personnes faisant l’objet d’une injonction restrictive ni des 13 500 propriétaires d’armes à feu à qui un permis a été refusé ou dont le permis a été révoqué;

3.      la police ne sait pas où se trouvent les armes à feu parce que la loi n’oblige pas les propriétaires à ranger leurs armes à feu inscrites à l’adresse de leur domicile ni à dire au gouvernement où elles sont rangées;

4.      la police ne sait pas où se trouvent les armes à feu parce que le gouvernement n’exige pas d’être tenu au courant des armes à feu inscrites qui sont prêtées à un autre propriétaire d’une arme à feu inscrite;

5.      la police ne sait pas où se trouvent les armes à feu parce qu’en date du mois d’août dernier, 315 000 propriétaires avaient omis d’inscrire plus de 600 000 armes de poing;

6.      la police ne sait pas où se trouvent les armes à feu parce qu’entre 400 000 et un million de propriétaires d’armes à feu ont omis ou refusé de demander un permis d’armes à feu et ne peuvent pas enregistrer leur arme à moins d’avoir un permis;

7.      la police ne sait pas où se trouvent les armes à feu parce que selon les dossiers d’importation et d’exportation d’armes à feu de Statistique Canada et les anciennes prévisions libérales, il reste encore plus de 10 millions d’armes à feu à enregistrer;

8.       même si la police trouvait les armes à feu, il y a tellement peu de caractéristiques d’identification sur leur certificat d’enregistrement qu’il est pratiquement impossible de vérifier s’il s’agit des armes à feu enregistrées dans le système. Par exemple, les 6,9 millions de certificats ont été délivrés sans le nom du propriétaire et 5 millions d’armes figurant dans le registre doivent encore être vérifiées. La dernière fois que nous avons vérifié, il y avait plus de 3 millions d’entrées vierges et inconnues dans les certificats d’enregistrement qui avaient délivrés – dont près de trois quarts de million sans numéro de série.

Il est tout simplement incroyable que les libéraux prétendent que leur registre de 2 milliards de dollars revêt une quelconque valeur pour la police alors qu’il manque autant d’armes à feu et qu’autant de propriétaires ont disparu. Les contribuables devraient donc exiger des libéraux une réponse à ces deux questions : 1) Combien de temps faudra‑t‑il pour régler tous ces problèmes? 2) Combien cela coûtera‑t‑il?