FOLIE DES ARMES À FEU NO 2 : LE RAPPORT DES LIBÉRAUX ATTRIBUE DE SUPPOSÉS AVANTAGES AU PROGRAMME
DES ARMES À FEU
Par Garry Breitkreuz, député
– 1er novembre 2004
Porte-parole
de l’Opposition officielle en matière de législation sur les armes à feu
Les libéraux ont tenté de justifier
leur gaspillage de plus d’un milliard de dollars en produisant deux pages de
supposés avantages dans le récent rapport de 66 pages sur le Programme
canadien des armes à feu. La triste vérité, c’est que tous les reportages
des médias sur l’usage d’armes à feu démontrent que le Programme des
armes à feu qui coûtera bientôt deux milliards de dollars ne fonctionne
pas. Réfléchissez-y – même si les libéraux en sont incapables. Quand
l’arme n’est pas enregistrée – c’est un échec! Quand
l’arme
est enregistrée – c’est un échec! Quand
le propriétaire de l’arme n’a pas de permis – c’est un échec! Quand le
propriétaire de l’arme a un permis – c’est un échec! Le temps est venu
pour le Parlement de mettre le projet de loi C‑68 à la poubelle et de
limiter les pertes du public avant qu’un autre milliard soit gaspillé.
Les libéraux prétendent à tort que
leur programme de délivrance de permis permet de s’assurer que les propriétaires
d’armes à feu respectent des normes de sécurité précises. La vérité,
c’est que des centaines de milliers de propriétaires d’armes à feu qui
n’utilisent plus leurs armes ne se sont pas donné la peine de demander un
permis fédéral. La vérité, c’est que quelque 1,3 million de propriétaires
d’armes à feu à qui le gouvernement fédéral a délivré des permis de
simple possession (PSP) n’ont jamais été tenus de suivre le cours fédéral
sur la sécurité dans le maniement des armes à feu. Heureusement, pendant des
décennies, les gouvernements provinciaux ont offert aux chasseurs des
programmes de formation sur la sécurité; des clubs de tir et de maniement
d’armes ont certifié leurs membres; et des mères et des pères ont appris à
leurs fils et à leurs filles à manier, ranger et utiliser des armes à feu en
toute sécurité. Il n’y avait alors nul besoin d’un registre des armes à
feu de deux milliards de dollars, et ce besoin n’est pas plus justifié
aujourd’hui.
Les libéraux ont prétendu à tort
que, grâce à leurs efforts de dépistage, ils ont évité que des armes à feu
se retrouvent dans les mains de personnes qui ne devraient pas en avoir. La vérité,
c’est que, dès qu’on interdit à une personne de posséder une arme à feu
ou qu’on lui a révoqué son permis fédéral pour armes à feu, on en perd la
trace dans le Programme des armes à feu de deux milliards de dollars. Le
gouvernement ne vérifie jamais si ces personnes ont rendu toutes leurs armes à
feu et il n’inspecte pas « périodiquement » leur résidence pour
vérifier s’ils ont fait illégalement l’acquisition d’autres armes à feu.
Seuls les propriétaires d’armes avec permis qui se conforment à la loi sont
tenus de déclarer leur changement d’adresse, d’ouvrir leur résidence aux
inspecteurs du gouvernement et de rendre (sans compensation) leurs armes
enregistrées lorsqu’ils en reçoivent l’ordre.
Les libéraux prétendent à tort
qu’une « notification au conjoint » s’impose pour « gérer
le risque d’un mauvais usage d’une arme à feu ». Malheureusement, la Loi
sur les armes à feu ignore complètement le danger réel que courent les
conjoints : 176 000 criminels reconnus qui sont assujettis à des
ordonnances d’interdiction d’armes à feu et 37 000 personnes visées
par des ordonnances de non‑communication. Les personnes reconnues par les
tribunaux comme étant trop dangereuses pour posséder des armes à feu sont
complètement à l’abri du Programme fédéral des armes à feu. Selon des
données récentes de Statistique Canada, les homicides familiaux continuent de
se multiplier : de 209 entre 1998 et 2000 à 249 entre 2001 et 2003. Plus
de la moitié des personnes accusées d’homicides familiaux avaient des antécédents
criminels (non retracés par le Programme des armes à feu) et les trois quarts
des homicides familiaux sont commis au moyen d’une autre qu’une arme à feu.
Les libéraux prétendent que des vérifications
d’admissibilité continues sont effectuées pour chaque détenteur de permis,
mais selon le rapport annuel de Statistique Canada sur les homicides, le
Programme des armes à feu ne contrôle pas les bons détenteurs d’armes à
feu. En 2003, 69 % des personnes accusées de meurtre étaient des
criminels déjà connus, dont cinq avaient été condamnés pour meurtre.
Les libéraux prétendent également
que le registre des armes à feu fournit aux responsables de l’application de
la loi des renseignements stratégiques et les aide à faire respecter les
ordonnances d’interdiction d’armes à feu. Mais comment peut-il en être
ainsi lorsque les documents mêmes du gouvernement obtenus à la suite de
demandes en vertu de la Loi sur l’accès à l’information indiquent
que des millions d’armes à feu ne sont toujours pas enregistrées; que 304 375 propriétaires
d’armes de point déjà enregistrées ne possèdent pas de permis d’armes à
feu; que 406 834 détenteurs de permis d’armes à feu
n’ont enregistré aucune arme; que 316 837 propriétaires d’armes
de point enregistrées n’ont toujours pas réenregistré leurs armes; et que
cinq millions d’armes à feu inscrites au registre attendent toujours
d’être « vérifiées » à la demande d’associations policières.
Les libéraux n’ont tout simplement pas Ia crédibilité voulue pour prétendre
que leur registre de deux milliards de dollars est de quelque utilité que
ce soit lorsque autant d’armes n’y sont pas inscrites. Aucun policier ne
serait assez naïf pour se fier à l’information d’un registre qui compte
autant d’erreurs et d’omissions. S’il en avait le choix, tout Canadien
sensé préférerait de loin 10 000 policiers de plus dans nos rues à
un registre des armes à feu qui gaspille des milliards.
Garry Breitkreuz
est porte-parole adjoint, Justice, en matière de législation sur les armes à
feu, et député de Yorkton-Melville (Saskatchewan).
Pour
plus d’information : www.garrybreitkreuz.com