PUBLICATION : GLOBE AND MAIL
DATE : 2008.07.28
PAGE : S1
AUTEUR : MARK HUME mhume@globeandmail.com
SECTION : Colombie-Britannique N
ÉDITION : Métro
LIEU D’ORIGINE : Vancouver C.-B.

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PÊCHES : Ramener à l’eau les pêcheurs sportifs qui ont abandonné

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Chaque hiver, les membres de l’Association de chasse et pêche de Kamloops se réunissent sur un lac gelé pour contrer une tendance nationale. En Colombie-Britannique comme ailleurs au Canada, de moins en moins de gens pratiquent la pêche sportive chaque année. Un changement de culture est en cours dans un pays où, il y a une génération, presque chaque famille gardait des cannes à pêche au sous-sol.

Ce changement est bien accueilli par des groupes comme People for the Ethical Treatment of Animals, (PETA), qui assimile la pêche à la torture. Mais ce n’est pas pour autant une bonne nouvelle pour le poisson : les pêcheurs sportifs passent des heures incalculables à défendre et à protéger l’habitat du saumon et de la truite. PETA, qui n’a pas réaménagé un seul cours d’eau, recrute des vedettes comme Paul McCartney pour calomnier un sport remarquable qui a fait beaucoup pour l’environnement. Sans les pêcheurs, il ne resterait personne pour restaurer les frayères et la végétation riveraine ou sonner l’alarme sur les pollueurs. Les ichtyologistes et les gestionnaires de l’habitat deviendraient superflus.

Selon un rapport de Statistique Canada paru cet été, le nombre de pêcheurs sportifs a diminué de 25 % depuis 10 ans au pays. Les dernières données publiées datent de 2005, année où quelque 3,2 millions d’adultes ont acheté un permis de pêche. C’est 825 000 de moins qu’en 1995. Tout pêcheur vous dira que la tendance remarquée par Statistique Canada se poursuit encore, car il est évident qu’il n’y a pas autant de pêcheurs sur l’eau cet été.

Le ministère des Pêches et des Océans dispose de données à jour qui indiquent que, l’an dernier, 240 175 permis de pêche en eau salée ont été vendus en Colombie-Britannique, ce qui représente une diminution de près de 7 500 pêcheurs depuis 2006 et de 17 000 depuis 2003. Cette année, avec la cherté de l’essence et les malheurs de l’économie américaine, il y aura encore moins de pêcheurs. Certaines pourvoiries signalent des annulations atteignant 40 % cet été. Les pêcheurs étrangers reviendront au Canada quand l’économie américaine s’améliorera, mais qu’en est-il des pêcheurs locaux qui boudé ce sport en nombre croissant depuis 10 ans? Sont-ils partis pour toujours? Les organisations de pêche sportive espèrent que non : partout au Canada, des groupes se sont mis en frais de rameuter les pêcheurs.

Kamloops n’est qu’un exemple. Par une belle journée froide de janvier, les membres du club local de chasse et pêche se rassemblent au lac Walloper, juste au sud de la ville, pour faire des feux de camp, creuser des trous dans la glace et distribuer cannes à pêche et appâts. Ils donnent aux gens des sacs pour leurs truites et leur montrent non seulement comment prendre le poisson, mais également comment le nettoyer et le faire cuire.

Il y avait beaucoup de familles parmi les 200 personnes présentes le 27 janvier : beaucoup d’enfants et de parents pêchaient pour la première fois. Certains parents avaient pêché quand ils étaient jeunes, mais leur vie occupée les avait coupés de ce sport. Cette journée de pêche vise à les persuader de redevenir pêcheurs.

L’association de Kamloops tient une autre activité en juin, le jour de la fête des Pères; elle offre les mêmes services aux pêcheurs en eau libre. Pour attirer les gens à la pêche sportive, le gouvernement provincial lève l’exigence d’un permis de pêche ce jour là. Son message est le suivant : venez pêcher avec nous, aimerez cela.

La Freshwater Fisheries Society de Colombie-Britannique est un organisme sans but lucratif partenaire du gouvernement provincial dans l’ensemencement de 9 millions de poissons dans mille lacs de la province chaque année; elle travaille également à freiner la diminution de l’effectif des pêcheurs sportifs.

L’organisme offre un programme d’apprentissage à la pêche dans plusieurs localités : des instructeurs se tiennent au bord du lac cinq jours par semaine pour donner des leçons gratuites à tout intéressé de moins de 17 ans. On apprend comment identifier sa prise, quels engins de pêche utiliser et comment les utiliser. On sensibilise également l’environnement afin que le jeune apprenne non seulement comment prendre un poisson, mais comment le relâcher au besoin.

Le site Web de la société, www.gofishbc.com, offre des cartes et des guides qui dirigent les gens vers les eaux les plus poissonneuses de la province. Ce qui est peut-être le plus surprenant au sujet de la diminution du nombre des pêcheurs sportifs c’est que la pêche, en tout cas la pêche en eau douce de la truite, ne s’est jamais portée aussi bien. Les montaisons de saumons et de truites ont diminué radicalement et beaucoup de pêcheries ont fermé, mais la Société a maîtrisé l’art de faire croître de grosses truites arc-en-ciel dans les lacs de la province.

Le poisson est là et il faut seulement des pêcheurs pour le prendre.