20 décembre 2006

L’honorable Marie Poulin, présidente Parti libéral du Canada
81, rue Metcalfe, suite 400
Ottawa (Ontario)
K1P 6M8

 

Madame,

Au nom de l’Ontario Federation of Anglers and Hunters (O.F.A.H.), de ses 80 000 membres et 640 clubs répartis à travers la province, je vous écris pour vous faire part de la profonde inquiétude que suscite parmi nous l’adoption de la résolution 42 à la dernière convention du Parti libéral. Cette résolution était formulée comme suit :

 

ATTENDU QU’IL est illégal d’utiliser des armes automatiques et semi-automatiques pour la chasse;
ATTENDU QUE les chasseurs canadiens, peu importe leur province, ne valorisent pas l’utilisation des armes automatiques et semi-automatiques;
IL EST RÉSOLU que le Parti libéral du Canada conseille vivement au gouvernement du Canada de modifier la loi afin d’interdire l’utilisation d’armes automatiques et semi-automatiques à des fins personnelles.

Commission libérale féminine nationale
Parti libéral de la Nouvelle-Écosse


Je sais que vous avez entendu d’autres intervenants ailleurs au Canada s’exprimer sur cette question, et que certains députés ont aussi exprimé des inquiétudes à ce sujet.

Il y a deux raisons pour lesquelles nous nous opposons à cette résolution : 1) les informations tout à fait incorrectes sur lesquelles elle se fonde et 2) le fait que le Parti libéral du Canada n’arrive pas à comprendre que les chasseurs, les tireurs sur cibles, les agriculteurs et les autres propriétaires d’armes à feu légitimes et respectueux des lois au Canada ne posent pas de problème et ne sont d’aucune façon une menace pour la sécurité publique.

Il est évident, à la lecture de la résolution, que la personne qui en est l’auteur n’a aucune connaissance des armes à feu. Les armes entièrement automatiques continuent de tirer tant et aussi longtemps qu’on appuie sur la détente ou qu’il reste des balles dans le chargeur. Très peu de ces armes se trouvent entre les mains de simples citoyens, ont été classées comme des armes à feu prohibées ou ont un jour été utilisées pour chasser. Depuis le 10 avril 2005, il est même interdit d’en apporter à un champ ou une salle de tir pour s’exercer au tir à la cible.

Lorsqu’on tire à l’aide d’une arme semi-automatique, il faut appuyer sur la détente à chaque coup. Les armes semi-automatiques ne sont pas classées comme des armes à autorisation restreinte et elles sont tout à fait légales pour la chasse au Canada. En font partie les carabines à percussion centrale, utilisées pour la chasse au cerf et au coyote et le tir à la cible, les fusils semi-automatiques utilisés pour la chasse et le tir à la cible et les carabines .22 semi-automatiques à percussion annulaire servant au tir à la cible et à la chasse et au contrôle du petit gibier.

Il faut savoir que ces armes sont utilisées pour la chasse depuis près de 100 ans. D’ailleurs, si la personne ou les personnes ayant rédigé la résolution avaient pris la peine de consulter votre très imparfait projet de loi C-68, elles auraient constaté que ce dernier reconnaît l’usage de ces armes pour la chasse. Vous auriez au moins appris qu’en l’absence de l’expression « à autorisation restreinte », la résolution est clairement erronée.

La résolution 42 est certes incorrecte, mais le fait que les délégués aient décidé de l’appuyer prouve encore une fois que le Parti libéral du Canada, comme l’ancien gouvernement libéral, ne comprend pas que les propriétaires d’armes à feu légitimes et respectueux des lois ne sont pas responsables du carnage dans nos rues et ne méritent pas d’être victimes de cette résolution et, bien entendu, des mesures législatives prises par l’ancien gouvernement libéral.

Les personnes reconnues coupables d’avoir commis un crime à main armée se voient généralement interdire la possession d’une arme à feu pendant le reste de leur vie. Toutefois, en l’absence d’un registre permettant de suivre leurs mouvements après qu’elles ont été libérées, et parce qu’elles ne sont pas tenues de déclarer leurs allées et venues à la police locale, elles ne sont pas assujetties aux mêmes conditions et règles que les propriétaires d’armes à feu légitimes et respectueux des lois, même si ce sont elles qui représentent le plus grand danger pour la sécurité publique.

Il est particulièrement irritant de penser que la résolution 42 émane de la Commission libérale féminine nationale, ayant à sa tête la présidente du Caucus libéral national féminin, celle-là même qui, le 21 janvier 2004, alors qu’elle défendait encore les couleurs du Parti conservateur du Canada, s’était prononcée contre le projet de loi C-68, et le registre des armes d’épaule en particulier.

En négligeant de corriger cette résolution, le Parti libéral du Canada continuera de faire fausse route, à l’image du projet de loi C-68 et de ses conséquences onéreuses, malgré l’absence totale de toute preuve quantifiable démontrant que le registre des armes d’épaule a contribué à sauver des vies et de toute donnée indiquant que les propriétaires légitimes d’armes à feu ayant reçu la formation exigée représentent une menace pour la sécurité publique.

Quel que soit le processus utilisé, je veux bien croire que s’il y a eu erreur, le Parti libéral du Canada voudra faire amende honorable et prendre les mesures nécessaires pour corriger la situation. Au nom de l’O.F.A.H., de ses membres et des propriétaires d’armes à feu légales de la province, je vous prie de bien vouloir jeter à la poubelle cette politique fort mal avisé, en l’absence de tout fondement raisonnable, ou à tout le moins de la modifier pour qu’elle tienne compte de la réalité.

Veuillez agréer, Madame, mes sincères salutations.


Greg Farrant

Gestionnaire des relations avec le gouvernement

GF/jb

C.c. : Le très honorable Stephen Harper, premier ministre
L’honorable Stéphane Dion, chef de l’opposition officielle L’honorable Stockwell Day, ministre de la Sécurité publique
L’honorable Victor Toews, ministre de la Justice
L’honorable Belinda Stronach, présidente du Caucus libéral national féminin
Les députés de l’Ontario
Les sections provinciales de la FCF
Le Conseil d’administration de l’O.F.A.H.
Michael A. Reader, directeur exécutif de l’O.F.A.H.