PUBLICATION : New Brunswick Telegraph-Journal
DATE : 10/5/2006
PAGE : A1/A2
SECTION : Actualités
LÉGENDE : Rob LinkeTelegraph -- Journal
NOMBRE DE MOTS : 671

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Le caucus des amants du plein air attire 70 députés; le nouveau député de Tobique – Mactaquac, Mike Allen, est d’avis que le groupe pourrait aussi aider à promouvoir le tourisme

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Il n’y a rien que Garry Breitkreuz et John Pugh aiment plus que de partir dans le bois pour aller chasser ou pêcher, comme ils le faisaient lorsqu’ils étaient enfants. Malgré les milliers de kilomètres qui les séparent, les deux hommes ont beaucoup en commun – leur amour des grands espaces, leur désir de le communiquer et leur crainte de voir les activités de plein air traditionnelles disparaître.

Âgé de 60 ans, le député conservateur et agriculteur de Yorkton, en Saskatchewan, Garry Breitkreuz mène depuis des années une croisade contre le registre fédéral des armes à feu. Chasseur, pêcheur et ex-directeur d’école, il a accompagné des groupes de jeunes de sa ville natale dans le Nord lors d’expéditions de canot en pleine nature. « Au début, ils me disaient qu’ils ne voulaient pas manger de poisson », se rappelle t il, « mais à la fin de la journée, je n’arrivais plus à fournir à la tâche de nettoyer le poisson pour les nourrir ».

M. Pugh, ingénieur civil de 38 ans de Fredericton, est président de la Fédération de la faune du Nouveau Brunswick, qui compte 4 000 membres. Il chasse, entre autre gibier, le lapin au sein d’un club de chasseurs qui ont recours à des chiens beagle pour traquer et capturer leurs proies; il adore aller pêcher à la mouche dans les rivières Miramichi et Restigouche; il a inscrit Holly, sa fille de 11 ans, dans un camp de pêche au saumon l’été dernier. « Mon expérience la plus extraordinaire serait d’être là pour la voir attraper son premier saumon », dit il.

Les deux hommes espèrent vivement que la nouvelle coalition non partisane de parlementaires, appelée le caucus des amants du plein air, que M. Breitkreuz a fondée ce printemps, interviendra à l’échelon fédéral pour promouvoir et protéger la chasse, la pêche à la ligne et le piégeage, et que son action finira par avoir une incidence sur les provinces. « S’il y a des gens ici à Ottawa pour appuyer ce genre d’activités, cela enverra un message convaincant aux provinces », souligne M. Pugh.
Même s’il ne s’est pas encore réuni et ne s’est pas non plus élu un président, le groupe compte déjà 70 membres, ce qui en fait l’un des plus importants caucus de parlementaires réunis par des intérêts communs sur la colline du Parlement, affirme M. Breitkreuz.

Avec 48 conservateurs parmi ses 61 députés et neuf sénateurs membres, le groupe est à forte majorité conservatrice, mais compte aussi 14 libéraux, 4 néo démocrates et 4 bloquistes. Neuf provinces et un territoire y sont représentés.

Le groupe affirme compter deux Néo brunswickois parmi ses membres, mais seul le nom du député conservateur de Tobique – Mactaquac, Mike Allen, figure sur la liste produite par le bureau de M. Breitkreuz. Certains députés, explique t il, ne m’ont pas autorisé pour l’instant à divulguer leurs noms.

Le projet d’énoncé de mission du groupe est le suivant : « Faire reconnaître dans la loi que la pêche, la chasse, le piégeage et le tir sont des activités de plein air traditionnelles qui font partie de notre patrimoine, sont respectueuses de l’environnement et sont acceptables ». Toutes ces activités relèvent principalement de la compétence des provinces, mais M. Breitkreuz s’empresse de citer quelques mesures fédérales que le caucus aurait intérêt à examiner de près. « Certaines interventions fédérales ont par le passé eu pour effet de freiner ce genre d’activités », dit il. « Prenez par exemple les mesures législatives portant sur les espèces en péril, le projet de loi sur la cruauté envers les animaux – c’est ce genre de mesures sur lesquelles il nous faudra garder l’œil ». Les défenseurs des droits des animaux, entre autres, exercent des pressions en faveur de l’inclusion dans la loi de certaines dispositions visant à restreindre la chasse et la pêche, souligne t il.

Bien sûr, il y a aussi le registre des armes à feu, que les conservateurs se sont engagés à abolir; ce qui devrait réjouir les chasseurs qui le considèrent comme un sérieux irritant. Le premier ministre Stephen Harper a chargé M. Breitkreuz, de même que le ministre de la Justice, Vic Toews, et le ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day, de formuler des recommandations sur la façon de s’acquitter de cet engagement, étant donné qu’il faudra modifier la loi dans un contexte de gouvernement minoritaire où la plupart des partis sont favorables au maintien du registre des armes à feu.

M. Pugh espère que le caucus interviendra de façon à hâter la disparition du registre des armes à feu, qu’il accuse d’avoir contribué au déclin de la chasse au Nouveau Brunswick. Il va même jusqu’à affirmer que s’il y avait eu un tel caucus en place à l’époque, les chasseurs n’auraient peut être pas aujourd’hui à enregistrer leurs carabines et leurs fusils de chasse. « Il aurait certainement été possible de trouver des gens sympathiques à la cause d’un organisme comme le nôtre », dit il.

En plus de jouer le rôle de chien de garde, le caucus pourra intervenir en faveur d’une hausse des dépenses consacrées à la remise en état des habitats traditionnels d’espèces comme le saumon de l’Atlantique, affirme M. Allen qui, jusqu’à il n’y a pas longtemps, était encore un adepte de la chasse et de la pêche. Selon lui, le caucus pourra aussi inciter le gouvernement fédéral à appuyer le tourisme axé sur les activités récréatives, comme la randonnée en motoneige et en véhicule à quatre roues motrices. « Dans un rayon de huit heures de route de ma circonscription, il y a entre huit et douze millions de personnes », souligne t il. « L’Interstate 95 aux États Unis et la Transcanadienne en provenance du centre du Canada se croisent à Tobique -- Mactaquac. Il y a donc là d’énormes possibilités. »

Les objectifs du caucus font écho aux efforts déployés par les groupes de chasseurs et de pêcheurs à l’échelle nationale pour obtenir que le droit de chasser et de pêcher soit reconnu dans la loi, dans la mesure où ces activités sont exercées en conformité avec la loi. Un projet de loi fédéral semblable coparrainé par le caucus libéral des amants du plein air est mort au Feuilleton lors du déclenchement des élections.

La Nouvelle Écosse et l’Ontario ont adopté des lois semblables. En août 2004, la Fédération de la faune du Nouveau Brunswick a présenté au gouvernement Lord un avant projet de loi, en vertu duquel il serait illégal pour quiconque de tenter d’empêcher quelqu’un d’autre de chasser ou de pêcher en toute légalité. « Il y a des gens qui estiment que la chasse et, dans une certaine mesure, la pêche à la ligne ne sont pas des sports légitimes », affirme M. Pugh. « Il est important de se porter à la défense de notre patrimoine. »