COMMUNIQUÉ

Le 29 juillet 2003                                                                                       Pour diffusion immédiate

SELON LA COUR SUPRÊME, LES CANADIENS N’ONT PAS DE DROITS DE PROPRIÉTÉ

« Tout ce que vous possédez peut être exproprié sans égard pour la procédure établie et

sans indemnisation, d’après la Cour suprême. »

 

Yorkton – Le porte-parole de l’opposition officielle concernant les armes à feu et les droits de propriété, Garry Breitkreuz, a dénoncé aujourd’hui une décision de la Cour suprême selon laquelle le gouvernement est habilité à prendre les biens de quiconque sans l’application régulière de la loi ni d’indemnisation, simplement en adoptant une loi « non ambiguë ».  « Nous venons de perdre l’une des plus importants libertés nécessaires à l’existence d’une société vraiment libre et démocratique.  Le droit à la vie et le droit à la propriété vont de pair – ils sont indissociables.  Lorsque les parlementaires reviendront en septembre, l’Alliance canadienne présentera une motion demandant que les droits de propriété soient incorporés à la Chartre des droits et libertés, » a promis M. Breitkreuz.

Ce qui a exaspéré M. Breitkreuz à ce point, c’est le jugement rendu par la Cour suprême le 17 juillet à l’égard du recours collectif Authorson c. Canada, où elle a donné raison au gouvernement fédéral contre des anciens combattants invalides (voir documentation). Le gouvernement a modifié la Loi sur le ministère des Anciens combattants pour éviter de payer des centaines de millions de dollars en intérêt sur des prestations de retraite qu’il avait gardées en fiducie pour quelque 30 000 anciens combattants.  La Cour suprême a déclaré : « Le législateur a le droit d'exproprier des biens, même sans indemnisation, à condition d'exprimer clairement son intention et, dans le par. 5.1(4), l'intention du législateur d'exproprier est claire et non ambiguë ».

L’arrêt de la Cour suprême contient aussi le passage suivant : « Enfin, bien que des droits substantiels puissent découler de la garantie d'application régulière de la loi, la Déclaration canadienne des droits n'offre aucune protection contre l'expropriation par l'adoption d'une mesure législative non ambiguë ».  M. Breitkreuz a donc posé la question suivante : « Si les droits de propriété garantis dans la Déclaration canadienne des droits ne protègent pas le droit fondamental des particuliers à la propriété, à quoi servent‑ils?  La Cour a même décrété que la Déclaration canadienne des droits « n'oblige pas le législateur à tenir une audience avant l'adoption d'une loi ». Encore une fois, nous avons une décision judiciaire – dans ce cas‑ci rendue par le plus haut tribunal du pays – qui montre comment il est urgent d’adopter mon projet de loi d’initiative parlementaire, le C‑313 (voir documentation), réclamant des modifications susceptibles de renforcer le droit à la propriété garanti par la Déclaration canadienne des droits.  Si mon projet devient loi, au moins les libéraux devront obtenir une majorité aux deux tiers, à la Chambre, pour adopter toute mesure législative qui fait fi de notre droit à la propriété, a expliqué M. Breitkreuz.  C’est un premier pas vers la protection des droits de propriété dans la législation fédérale qui s’impose en attendant que nous puissions convaincre sept provinces justifiant 50 % de la population à approuver notre projet de modification constitutionnelle visant l’inscription du droit à la propriété dans la Chartre. »

« Cet arrêt signifie que les libéraux peuvent simplement forcer l’adoption d’une loi qui leur donne le droit et le pouvoir de confisquer toute propriété canadienne tombant sous le coup d’une disposition fédérale, et ce, sans verser un sous d’indemnisation aux propriétaires, a fait valoir M. Breitkreuz.  Cette décision de la Cour suprême devrait rendre tous les Canadiens inquiets quant à leur capacité de jouir de leurs propres biens, du fruit de leur labeur.  Il est évident que les libéraux cherchent à détruire tout le travail accompli par nos ancêtres au cours des siècles. »

« Il ne s’agit pas seulement d’un autre mauvais jugement de la Cour suprême.  Une société libre et démocratique a besoin de la meilleure protection qui soit à l’égard de ses droits de propriété.  Il faut inscrire le droit à la propriété dans la Chartre canadienne des droits et libertés, comme ne cesse de le réclamer l’Alliance canadienne. »

 


DOCUMENTATION

 

JUDGEMENT DE LA COUR SUPRÊME

Authorson c. Canada (Procureur général) – 17 juillet 2003

Référence neutre :  2003 CSC 39 – No du greffe :  29207

EN APPEL DE LA COUR D’APPEL DE L’ONTARIO

http://www.lexum.umontreal.ca/csc-scc/fr/rec/html/2003csc039.wpd.html

 

PROJET DE LOI C-313 DE M. BREITKREUZ – Loi modifiant la Loi ayant pour objets la reconnaissance et la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales et la Loi constitutionnelle de 1867 :

http://www.parl.gc.ca/common/bills_individual.asp?Language=F&Parl=37&Ses=2&Bill=C-313&BillType=public