LE
MINISTRE CAUCHON, LE RAPPORT HESSION ET CELUI DE KPMG
RATENT
LA CIBLE
« Le
ministre de la Justice continue d’avancer sur le chemin miné tracé par ses
prédécesseurs. »
Ottawa
– Le porte-parole de l’opposition officielle en matière d’armes à feu et
de droits de propriété, Garry Breitkreuz, a souligné aujourd’hui la
principale lacune du rapport Hession et de celui de KPMG déposés hier par le
ministre de la Justice, Martin Cauchon. « Il est incroyable que ces
personnes ne tirent pas de leçons de leurs erreurs, a fait observer M.
Breitkreuz. En 1994, des fonctionnaires avaient prévenu le ministre de la
Justice qu’ils n’étaient pas en mesure d’évaluer les coûts du programme
d’enregistrement des armes à feu. Ils ont d’ailleurs fortement sous-estimé
le nombre d’armes et de propriétaires d’armes, ce qui se traduit par
l’actuel fiasco et le gaspillage d’un milliard de dollars. Les rapports
soumis hier au Parlement ne font ni l’un ni l’autre mention de ces
inexactitudes. Le ministre continue d’avancer sur le chemin miné tracé
par ses prédécesseurs. »
Des documents gouvernementaux révèlent de nombreuses
erreurs dont il n’est pas fait état dans les deux rapports des consultants,
et que le ministre refuse de reconnaître :
-
400 000 propriétaires d’armes à feu ne détiennent
toujours pas un permis, sans lequel ils ne peuvent enregistrer leurs armes;
-
300 000 propriétaires d’armes de poing enregistrées ne
détiennent pas de permis les autorisant à posséder ces armes ;
-
Jusqu’à 10 millions d’armes n’ont pas encore été
enregistrées;
-
Cinq millions d’armes enregistrées n’ont pas encore
été vérifiées par la GRC;
-
Pour 78 % des armes à feu enregistrées, il manque
des inscriptions au registre;
-
813 822 armes à feu ont été enregistrées sans
inscription du numéro de série;
-
Les adresses de
31 000 personnes visées par une interdiction des tribunaux de posséder une
arme à feu ne figurent pas dans le registre.
-
Les adresses de 9 000 personnes qui se sont vu
refuser un permis ou dont le permis a été annulé ne figurent pas dans le
registre;
-
Le système n’est pas en mesure de repérer 38 000
propriétaires d’une arme à feu titulaires d’un permis;
-
15 381 permis de possession d’armes à feu ont été délivrés
à des personnes ne possédant aucune preuve qu’elles ont réussi la formation
sur l’usage et le maniement sécuritaires des armes à feu;
-
26 800 duplicatas de certificats d’enregistrement
d’armes à feu ont été émis ;
-
832 duplicatas de permis de possession d’armes à feu et
259 permis portant la photo d’une autre personne ont été délivrés.
« Qu’en coûtera-t-il pour délivrer un permis à
tous les propriétaires d’armes, enregistrer toutes les armes et corriger
l’ensemble des erreurs commises? a demandé M. Breitkreuz. Les rapports très
élaborés commndés par le ministre à des consultants ne répondent pas à ces
questions. Le ministre a indiqué qu’il faudra plusieurs semaines pour établir
un plan d’action. Il a également informé le Parlement qu’il communiquerait
à l’automne seulement le montant total consacré par les libéraux à la création
du registre universel des armes à feu. »
M. Breitkreuz a prédit que les électeurs
n’apprendraient pas la vérité avant les prochaines élections. « À
l’automne, les libéraux seront plongés à fond dans la course au leadership
et aucun des candidats ne voudra défendre ce travail d’amateur qui a coûté
un milliard de dollars. Un nouveau leader sera élu d’ici le printemps et les
libéraux ne voudront surtout pas compromettre leurs plans électoraux. La
majorité des Canadiens souhaitent la disparition du registre des armes à feu
et savent bien comment mettre fin à cette hémorragie de fonds publics. Il est
dommage que les libéraux ne tiennent pas compte de l’avis de la majorité
lorsque l’une de leurs vaches sacrées est en cause. Ils sont manifestement déterminés
à jeter encore de l’argent dans ce grand trou noir. Le seul moyen d’y
mettre un terme est d’élire un gouvernement allianciste », a conclu M.
Breitkreuz.