COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 Le 23 mars 2001                                                                                                       Pour diffusion immédiate

REJET D’UNE MOTION VISANT À REDÉFINIR CE QU’ON ENTEND PAR ÊTRE HUMAIN DANS LE DROIT CANADIEN

« L’utilisation de fœtus à des fins de recherche est interdit par la politique gouvernementale,

mais il n’y pas de mal à les tuer. »

 Ottawa – « C’était une bien triste journée hier pour les enfants à naître », a déploré Garry Breitkreuz, député de Yorkton-Melville. Le député de la Saskatchewan a fait cette déclaration après que sa motion d’initiative parlementaire, à savoir la motion M228, a été rejetée par la Chambre des communes après seulement une heure de débat. « Ma motion n’a eu aucune chance d’être adoptée par le Parlement. Et il en va de même des quelque 100 000 bébés à naître qui seront tués dans les cliniques d’avortement et les hôpitaux de tout le pays cette année avant même de voir le jour ». La motion de Breitkreuz proposait de modifier la définition énoncée au paragraphe 223(1) du Code criminel, qui stipule qu’un bébé n’est pas un être humain tant qu’il n’est pas complètement sorti du sein de sa mère. Un député libéral et un député bloquiste ont voté contre deux motions présentées par Breitkreuz pour obtenir le consentement unanime de la Chambre afin que sa motion soit mise aux voix et renvoyée au Comité permanent de la justice et des droits de la personne. 

La Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant, que le Canada a signée, dit ceci : « L’enfant, en raison de son manque de maturité physique et intellectuelle, a besoin d’une protection spéciale et de soins spéciaux, notamment d’une protection juridique appropriée, avant comme après la naissance ». Aux dires de Breitkreuz, « dans le droit canadien, il n’existe tout simplement pas de protection pour un  enfant avant sa naissance. Le gouvernement du Canada ne peut s’acquitter de ses obligations juridiques aux termes de cet accord international, accord que le gouvernement fédéral et dix provinces ont ratifié, à moins qu’il ne modifie la définition de ce qu’est un être humain ». 

« L’hypocrisie du gouvernement libéral était manifeste dans l’allocution du secrétaire parlementaire du ministre de la Santé, Yvon Charbonneau », a fait observer Breitkreuz. « Le représentant du gouvernement a vanté la politique du gouvernement actuel en matière de « recherches utilisant les gamètes, les zygotes, les embryons et les fœtus ». Les libéraux ne voient-ils pas l’illogisme de cette politique? Ils sont favorables à ce que l’on interdise aux chercheurs d’utiliser des êtres humains aux fins de leurs travaux, mais ils permettent aux femmes de tuer ces mêmes êtres humains en se faisant avorter avec ou sans raison, et ce jusqu'au moment même de les mettre au monde ». 

Le député libéral, Tom Wappel, est intervenu éloquemment en faveur de la motion de Breitkreuz et a défendu les droits des enfants à naître. « Ne trouvez-vous pas intéressant, madame la Présidente, que d’un côté, il est parfaitement acceptable et légal au Canada à l’heure actuelle de tuer un enfant en gestation à tout moment de son développement, jusqu’à ce qu’il sorte du ventre de sa mère, mais, d’un autre côté, on se désespère du manque d’éthique des expériences sur les zygotes? Où est la logique là-dedans? Comment peut-on permettre s’en sourciller qu’on avorte un fœtus de huit mois, mais s’inquiéter qu’un œuf fertilisé soit détruit par un scientifique? », s’est interrogé M. Wappel. 

M. Paul Szabo, secrétaire parlementaire du ministre des Travaux publics et Services gouvernementaux a lui aussi pris la parole en faveur de la motion en ces termes : « Il suffit d’aller à une fête organisée avant la naissance d’un enfant et de demander à tout le monde ce qu’il célèbre ». M. Szabo a fait observer que dans un certain nombre d’États américains, la consommation d’alcool chronique pendant la grossesse est considérée comme une infraction criminelle. « Cette situation fait franchement contraste avec celle qui prévaut au Canada où la loi ne reconnaît absolument aucun droit aux enfants à naître », a fait observer Breitkreuz.

 Lors de son intervention, le député allianciste, Grant McNally, a lui aussi insisté sur l’hypocrisie de la définition donnée à l’expression « être humain » dans  la loi. « Nous savons que dans une salle, un médecin peut procéder à une microchirurgie au moyen d’une technologie de pointe, afin de sauver la vie de ce que certains appelleraient un fœtus, ou un enfant rendu à six mois de son développement, alors que dans la salle voisine, quelqu’un d’autre dans une situation similaire met fin à une grossesse ou effectue un avortement. C’est un gros dilemme. Comment expliquer cela? Comment faire face à ce dilemme? », a demandé McNally.

Breitkreuz a conclu le débat en ces termes : « L’enfant à naître ne diffère d’un nouveau-né que par quatre aspects. Il est plus petit; il n’est pas aussi bien développé; il est dans le ventre de sa mère; et il est plus dépendant. Ce sont les seules différences. Il est clair que l’enfant à naître est un être humain. Il faut le protéger. Après de dix ans de silence sur ce sujet à la Chambre, il est temps d’accorder une juste attention à cette question ».

 

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