COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Le 18 juin 2002                                                                                                                    Diffusion immédiate

70% DES PROPRIÉTAIRES D’ARMES À FEU ENREGISTRÉES NE SONT PAS TITULAIRES D’UN PERMIS EN BONNE ET DUE FORME, SELON DES DOCUMENTS DU MINISTÈRE DE LA JUSTICE

« Il dénote la plus importante désobéissance flagrante du Code criminel de l’histoire du Canada ou la preuve irréfutable que le programme d’enregistrement des armes à feu du gouvernement libéral ne pourra jamais fonctionner. »

Ottawa – Aujourd’hui, Garry Breitkreuz, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’armes à feu et de droits de propriété, a rendu public un des documents les plus étonnants et les plus troublants jamais publiés par le ministère de la Justice. « Je ne puis croire qu’ils ont publié ce document. Il dénote la plus importante désobéissance flagrante du Code criminel de l’histoire du Canada ou la preuve irréfutable que le programme d’enregistrement des armes à feu du gouvernement libéral ne pourra jamais fonctionner. Je crois que c’est plutôt la seconde possibilité, mais quelle que soit la réponse que choisira le ministre de la Justice, c’est un autre coup dur pour la crédibilité du programme », a prédit M. Breitkreuz.

M. Breitkreuz a obtenu les documents suivants du ministère de la Justice :

ATIP A2002-0063 – les numéros fournis datent du 27 mai 2002

(1) Le nombre de personnes inscrites dans le Système d’enregistrement des armes à autorisation restreinte (SEAAR) qui sont propriétaires d’armes enregistrées dans le SEAAR: 429 316

(2) Le nombre de personnes titulaires d’un permis d’armes à feu en bonne et due forme les autorisant à posséder les armes à feu enregistrées à leur nom dans le SEAAR. Le nombre de permis confirmés dans le CFRS pour les armes à feu enregistrées dans le SEAAR: 124 941

(3) Le nombre de personnes qui ont réenregistré leurs armes à feu: 96 237.

« Ces chiffres ouvrent une énorme brèche dans la déclaration du ministre de la Justice selon laquelle il y aurait un taux de conformité de 90 p. 100. S’il faut croire ces statistiques, 304 375 propriétaires d’armes à autorisation restreinte et d’armes interdites sont passibles d’une peine pouvant atteindre dix ans de prison pour être sciemment en possession sans autorisation d’une arme à feu. Jamais je ne croirais que des personnes possédant une arme déjà enregistrée auprès de la GRC voudrait courir un tel risque, a affirmé M. Breitkreuz. C’est pourquoi ces statistiques révèlent un vice de forme fondamental dans le système d’enregistrement des armes à feu. Il est plus réaliste de croire que la GRC a perdu la trace de la grande majorité des 300 000 propriétaires d’armes enregistrées au cours des 68 dernières années. Les propriétaires déménagent ou meurent ou vendent leurs armes, ce dont la GRC a manifestement omis de tenir compte dans ses registres. Les erreurs s’accumulent depuis des années au point où le registre est devenu à toute fin pratique inutile pour les forces policières.  Je me demande comment la direction de l’Association canadienne des policiers pourra continuer de justifier son soutien au système d’enregistrement des armes à feu », s’interroge M. Breitkreuz.

Plus tôt cette année, le ministère de la Justice a fourni des statistiques démontrant que les mêmes erreurs continuent de se produire dans le nouveau registre. Au 21 février 2002, 1 625 915 lettres avaient été envoyées aux titulaires d’un permis dans le cadre du programme d’enregistrement « gratuit ». À ce jour, 38 629 de ces lettres ont été retournées à l’expéditeur par Postes Canada. Cela signifie qu’un an seulement après la date limite fixée pour l’enregistrement des armes à feu, le ministère de la Justice a perdu la trace de plus de 38 000 propriétaires. « Ce chiffre ne fera qu’augmenter avec le temps, a prédit M. Breitkreuz. Les propriétaires d’armes à feu responsables partout au Canada ont eu raison d’assimiler le registre au Titanic. Il va sans dire que ces nouvelles données contribueront à caler le projet de loi C-68. »