COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Le 12 juin 2002                                                                                                       Pour diffusion immédiate

NOTRE REGISTRE DES ARMES À FEU D’UN MILLIARD DE DOLLARS EST DÉJÀ PRIVATISÉ COÛT : 17 665 133 $ ET EN AUGMENTATION CONSTANTE

« Des documents montrent que BDP Business Data Services Limited délivre des permis d’armes à feu depuis deux ans et des certificats d’enregistrement depuis au moins six mois »

 

Ottawa – Garry Breitkreuz, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’armes à feu et de droits de propriété, a divulgué 151 pages de documents obtenus du ministère de la Justice et prouvant que le registre des armes à feu a déjà été privatisé. « Le gouvernement n’a pas dit toute la vérité aux Canadiens au sujet de l’état d’avancement du processus de privatisation », a dit le député. « Nous découvrons maintenant qu’en novembre dernier, le ministère a autorisé une modification de 8,5 millions de dollars à un marché déjà conclu avec une entreprise privée et visant le traitement de dizaines de milliers de demandes d’enregistrement d’armes à feu. » Et cela même si le Commissaire à la protection de la vie privée du Canada n’a pas encore terminé son enquête sur les implications pour la protection de la vie privée du projet que forme le gouvernement d’impartir le Programme canadien de contrôle des armes à feu. En août dernier, le Commissaire a publié un rapport cinglant intitulé Examen des pratiques relatives au traitement des renseignements personnels du Programme canadien des armes à feu.

 

Les documents obtenus par M. Breitkreuz montrent que le 18 juillet 2000, le ministère de la Justice a passé un marché de 4,8 millions de dollars avec BDP Business Data Services Limited. pour qu’elle traite des demandes d’enregistrement d’armes à feu. Depuis, le marché initial a été modifié treize fois, et au 20 novembre 2001, sa valeur excédait 17,6 millions de dollars.

 

Le ministre de la Justice, M. Cauchon, persiste à affirmer que si le registre est privatisé, les propriétaires d’armes respectueux des lois auront des services améliorés. Par exemple, voici ce qu’il a dit à la Chambre le 23 avril dernier : « Comme nous l'avons dit, l'enregistrement et la délivrance des permis se déroulent bien. Récemment, nous avons discuté de la possibilité de confier ce travail à un entrepreneur pour pouvoir continuer d'offrir d'excellents services à la population canadienne. » En janvier, des journaux ont annoncé que le gouvernement se préparait à passer avec une société privée un marché d’une valeur estimative de 300 millions de dollars portant sur une période de quinze ans et consistant à gérer le désastreux registre des armes à feu.

 

« Mais les données préliminaires indiquent que depuis que BDP traite les demandes, le taux d’erreurs a augmenté », a indiqué M. Breitkreuz. Selon des documents du 10 avril 2002 du ministère de la Justice, depuis que BDP traite les demandes d’enregistrement d’armes à feu, le nombre de permis portant une photographie autre que celle du véritable titulaire a bondi de zéro en 1999 à 99 en 2000 et à 157 en 2001. Un autre document de Justice Canada, daté celui-là du 19 mai 2002, montre que depuis le début de 2002, BDP a aussi délivré 563 permis comportant des erreurs dans le nom des titulaires, 178 permis présentant des erreurs dans la date de naissance des titulaires et 38 permis portant des photographies autres que celles des titulaires. Souvenons-nous que c’est ce même système qui a permis de délivrer un Certificat d’enregistrement d’arme à feu pour un pistolet à souder Black & Decker, de réenregistrer une arme de poing comme mitraillette et de délivrer 24 Certificats d’enregistrement à l’égard de huit carabines. « Voilà qui dit tout de l’affirmation du ministre de la Justice voulant que les activités connexes au registre des armes à feu ‘se déroulent bien’ et de sa promesse d’offrir ‘d’excellents services’ grâce à la privatisation du registre. »

 

« Je suis tout à fait pour la privatisation des services gouvernementaux lorsqu’elle permet d’épargner des fonds publics et d’améliorer les services à la population », a dit M. Breitkreuz. « Mais celle du registre des armes à feu est une autre tentative boiteuse du gouvernement libéral pour cacher la vérité sur une autre initiative parfaitement inutile. Malheureusement, les seuls à en faire les frais sont les propriétaires d’armes qui prennent leurs responsabilités au sérieux et qui respectent les lois et les agents de police qui travaillent en première ligne. Les libéraux ont sacrifié les priorités en matière de sécurité publique à leur cupidité politique. Il est à espérer que le rapport sur la vérification du registre des armes à feu que la vérificatrice générale déposera au Parlement en novembre mettra un terme à ce programme totalement inutile », a conclu M. Breitkreuz.

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