COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Le 23 novembre 2001                                                                                        Pour diffusion immédiate

MÊME LE MINISTÈRE DE LA JUSTICE A DU MAL À RESPECTER LA LOI SUR LES ARMES À FEU

« Peut-être faudrait-il créer un programme d’incitatifs rien que pour la ministre et ses fonctionnaires. »

Ottawa — Cette semaine, le Président de la Chambre des communes, l’honorable Peter Milliken, a vertement enguirlandé la ministre de la Justice et ses fonctionnaires. Reprochant à la ministre d’avoir dérogé 16 fois au paragraphe 199(4) de la Loi sur les armes à feu au cours des trois dernières années, le Président à déclaré : « En principe, ces irrégularités […] mettent en évidence l’insouciance qui semble caractéristique de la façon dont de telles questions sont traitées par les fonctionnaires de son ministère. J’invite la ministre de la Justice à exhorter dorénavant ses fonctionnaires à faire preuve de la diligence requise quant au respect de ces exigences et de toute autre exigence que contiennent les lois adoptées par le Parlement. J’espère qu’à l’avenir la Chambre recevra les documents exigés par la loi en temps opportun. » [Hansard, p. 7381] Le Président Milliken rendait sa décision sur une question de privilège soulevée le 30 octobre par Gurmant Grewal, député allianciste de Surrey-Centre, en Colombie-Britannique.

Lorsqu’on lui a demandé ce qu’il pensait du fait que la ministre avait désobéi à sa propre loi, Garry Breitkreuz, porte-parole de l’opposition officielle en matière de contrôle des armes à feu, a déclaré : « La ministre a annoncé un ‘programme d’incitatifs’ pour amener les propriétaires d’armes à feu respectueux des lois à se conformer à la Loi sur les armes à feu; peut-être devrait-elle aussi en créer un pour ses fonctionnaires. »

« La ministre a quitté la Chambre en riant juste comme le Président commençait à donner lecture de sa décision, et cela m’a déçu. La ministre prend à la légère les obligations qui lui incombent en vertu de la Loi sur les armes à feu; que se passerait-il si tout le monde faisait comme elle », s’est insurgé le député de la Saskatchewan. « Le Président a peut-être jugé que l’ignorance que la ministre a démontrée 16 fois plutôt qu’une des obligations qui lui incombent en vertu de la Loi sur les armes à feu ne constitue pas un outrage au Parlement, mais je trouve outrageant le manque de respect qu’elle a affiché envers le Président et la Chambre. N’importe quel autre député accusé d’outrage au Parlement se soucierait, je crois, de savoir ce qu’en conclurait le Président. Mais peut-être la ministre se fiche-t-elle éperdument de ce que la Loi sur les armes à feu exige d’elle et qu’elle se soucie uniquement des obligations que la Loi impose à des millions de propriétaires d’armes à feu respectueux des lois. »

Le paragraphe 119(4) de la Loi oblige la ministre à déposer au Parlement une déclaration énonçant les justificatifs sur lesquels elle base sa décision de ne pas soumettre au Parlement les modifications qu’elle projette d’apporter à la Loi sur les armes à feu. La ministre n’a déposé sa déclaration de justificatifs que le 5 novembre 2001. Comme mon collègue, Gurmant Grewal, l’a fait remarquer le 30 octobre, « Dans quatre de ces seize cas, les modifications n'ont pas été déposées parce que la ministre de la Justice a estimé qu'il y avait une telle urgence que l'article 118 ne devait pas s'appliquer. Dans les douze autres cas, les règlements n'ont pas été déposés parce la ministre a jugé qu'ils n'apportaient pas de modifications de fond notables. »

« La ministre de la Justice s’attend à ce que des millions de propriétaires d’armes à feu respectueux des lois se plient à des centaines de pages de dispositions complexes et filandreuses sous peine de sanctions pénales. Or, comme la décision du Président le signale, la ministre ne risque rien si elle ignore sa propre loi, bien qu’elle prétende être l’unique responsable de son application. » Breitkreuz a terminé en concluant : « Peut-être la ministre serait-elle plus convaincante si elle et ses fonctionnaires respectaient eux-mêmes la lettre de cette loi ridicule. Après tout, ils en sont les auteurs. »

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