COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Le 8 mai 2001                                                                                                    Pour diffusion immédiate

LES PLANS DE PRIVATISATION DU REGISTRE DES ARMES À FEU

SONT DÉJÀ EN BONNE VOIE DE RÉALISATION

« Nous avons déjà des préposés aux armes à feu ‘privés’. Quelle est la prochaine étape? »

  Ottawa — Hier soir, à la Chambre des communes, Garry Breitkreuz, député de Yorkton—Melville, a posé à la ministre de la Justice une question à laquelle elle ne peut pas ou ne veut pas répondre; il lui a en substance demandé la différence entre privatiser et faire appel à des ressources externes. Suite à une question qu’il a posée le 12 février, le porte-parole de l’Alliance canadienne au sujet du registre des armes à feu voudrait que la ministre de la Justice explique les raisons qui motivent son programme de privatisation et l’effet qu’il aura sur les énormes dépassements de coûts et l’efficacité du registre, un programme qui ne connaît que des ratés depuis sa création.

  « La ministre n’a pas répondu aux questions soulevées dans un certain nombre de rapports depuis que nous avons rendu publique la lettre d’intérêt et les documents ‘Questions et réponses’ du gouvernement », a déclaré M. Breitkreuz. « Son silence au sujet de cet important dossier est assourdissant », a-t-il dit. « Pourquoi tout ce mystère? »

  LE 16 FÉVRIER – Le Commissaire à la protection de la vie privée écrit en substance que l'idée que le ministère privatise le Programme canadien de contrôle des armes à feu ou le confie à des ressources externes le préoccupe beaucoup et dit avoir l’intention d’approfondir la question auprès du ministère.

LE 24 FÉVRIER – La présidente du Syndicat des employés du Solliciteur général dit en substance que la GRC a mis à pied 130 employés civils travaillant au centre national d'enregistrement des armes à feu et que la mutation de 130 autres de ses employés au ministère de la Justice n’est qu’un premier pas vers la privatisation du registre. – Sun d’Edmonton

LE 1ER MARS – Le National Post publie en première page un article sur un document du gouvernement qui semble contredire les assurances de la Ministre de la Justice, selon qui le gouvernement ferait appel à des ressources externes pour s'occuper uniquement de certains éléments des fonctions d'enregistrement et de délivrance des permis. Le professeur Robert Klassen, de la University of Western Ontario, a déclaré en substance au National Post que cela lui paraissait être un cas de privatisation.

LE 1ER MARS – Le sergent d'état-major de la police d’Edmonton, Al Bohachyk, dit en substance que la perspective de la privatisation du registre des armes à feu est effrayante parce que rien ne garantit que des renseignements personnels n’aboutiront pas entre les mains de gens qui ne devraient pas y avoir accès. – Sun d’Edmonton

LE 3 MARS – À Miramichi, 700 citoyens de la ville marchent sur le bureau du député de l’endroit pour dénoncer les mises à pied causées par la privatisation du registre des armes à feu. – Times and Transcript de Moncton

LE 20 AVRIL – « L’enregistrement des armes à feu sur le point d’être privatisé », titre en substance la première page du Times and Transcript de Moncton. Un fonctionnaire de Justice Canada a déclaré que le ministère aurait terminé sa première évaluation en deux semaines.

LE 24 AVRIL – Le Times and Transcript de Moncton rapporte que le licenciement de plus de 70 employés à temps partiel des bureaux du registre commencerait dès le 6 mai, mais que le syndicat croit que le gouvernement fédéral songe à privatiser tout le système d'enregistrement des armes à feu et de délivrance des permis, en rayant tous les employés de la liste de paye fédérale sans leur garantir qu'une entreprise privée les réembauchera.

  Le fait le plus alarmant révélé par les questions de M. Breitkreuz est que la Bibliothèque du Parlement a découvert qu’au Nouveau-Brunswick, sept préposés « privés » aux armes à feu travaillent déjà aux bureaux du registre et que l’un d’entre eux a même sa propre agence de détectives privés, à Fredericton. Sa lettre de nomination lui confère le pouvoir de faire des enquêtes « en examinant les dossiers de la police et en interrogeant ceux qui demandent un permis, leurs conjoints, leurs proches, leurs voisins et leurs employeurs ». Le député a ajouté en substance que le préposé / détective privé en question avait révélé à son bureau avoir dit à un journaliste qu'il vérifie les antécédents des demandeurs de permis d'armes à feu parce qu'il pense que ce serait excellent pour son entreprise. On se demande combien d’autres préposés aux armes à feu « privés » il y a au pays. Le Commissaire à la protection de la vie privée fait présentement enquête.

 

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