COMMUNIQUÉ DE PRESSE

  2 mai 2001                                                                                                                 Pour publication immédiate

  LE PROJET DE LOI LIMITERAIT LE RECOURS

AU « SECRET MINISTÉRIEL » POUR CACHER LA VÉRITÉ

« On cache des centaines de pages de documents publics pour éviter aux Libéraux des embarras politiques.»

  Ottawa – Garry Breitkreuz, député de Yorkton-Melville, a déposé aujourd’hui un projet de loi d’initiative parlementaire conçu pour limiter l’aptitude du gouvernement à cacher de l’information publique en invoquant le « secret ministériel ». « Si le gouvernement veut cacher quelque chose au public ou au Parlement, il n’a qu’à déclarer qu’il s’agit d’un "document confidentiel du Cabinet" et alors même le Commissaire à l’information du Canada n’y a pas accès », explique Breitkreuz. « Mon projet de loi est la première tentative pour remédier à cette lacune de la Loi sur l’accès à l’information depuis que le Commissaire à l’information a formulé une recommandation en ce sens il y a cinq ans. »

  Lorsqu’il a déposé la Loi modifiant la Loi sur l’accès à l’information (documents confidentiels du Cabinet), M. Breitkreuz a fait la déclaration suivante :

 

La semaine dernière, le Conseil du Trésor a gardé sous le sceau du secret 33 pleines pages et 57 pages partielles en prétextant que c’étaient des « documents confidentiels du Cabinet ». Tous les documents en question concernaient le comité de surveillance du Conseil du Trésor chargé d’examiner les énormes dépassements de coûts et le cafouillage bureaucratique du registre des armes à feu.

 

Le ministère de la Justice a prétexté lui aussi à maintes reprises le secret ministériel pour cacher :

172 pages de documents relatifs au budget du registre des armes à feu;

Un document de 115 pages sur l’impact économique du registre des armes à feu;

61 pages sur la façon dont les frais d’utilisateur couvriront la totalité des coûts du programme d’enregistrement des armes à feu. 

 

En 1996, le Commissaire à l’information a publié un rapport intitulé « La Loi sur l’accès à l’information et les documents confidentiels du Cabinet: examen de nouvelles approches ». Mon projet de loi donnerait suite à ses recommandations. Le Commissaire à l’information a eu l’amabilité d’examiner une version antérieure de mon projet de loi et il a été tenu compte de ses recommandations dans celle-ci. Ce projet de loi devrait diminuer les plaintes relatives au recours au secret ministériel dont le nombre, selon le Commissaire à l’information, a plus que doublé au cours de l’année écoulée.

  Résumé: Ce projet de loi fait relever les documents confidentiels du Cabinet de l’exception obligatoire par opposition à l’exclusion pure et simple de l’application de la loi. Il en résulte que le refus de communiquer des documents ou des renseignements considérés comme des documents confidentiels du Cabinet sera susceptible d'un examen indépendant aux termes de la loi. Le projet de loi soustrait par ailleurs au secret ministériel les documents qui font allusion aux renseignements confidentiels du Cabinet sans toutefois en révéler la teneur. Il réduit de vingt à quinze ans la période de soustraction à l’application de la loi des documents confidentiels du Cabinet. Entre autres sauvegardes, il prévoit que l’examen des demandes de communication de documents confidentiels du Cabinet relèvera exclusivement du Commissaire à l’information, du commissaire adjoint ou d’agents qui l'autorisation de sécurité voulue.

  Breitkreuz ne se fait pas d’illusions : « Les chances pour que ce projet de loi d’initiative parlementaire soit adopté sous les Libéraux sont minces. Mais les Canadiens doivent savoir que quelqu’un au Parlement se bat pour leur droit de savoir. La loi du secret est devenue la pierre angulaire du comportement de ce gouvernement. À la page 88 du Livre rouge de 1993, il est écrit en gros caractères : "La transparence sera le mot d'ordre des libéraux." » Et Breitkreuz d’ajouter : « Leur façon de voter sur ce projet de loi nous dira s’ils restent fidèles à cette déclaration ou s’il s’agit d’une autre promesse rompue. »

 

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