COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 Le 11 avril 2001                                                                                                       Pour diffusion immédiate

 PRESQUE TOUS LES AUTOCHTONES BOYCOTTENT LE REGISTRE DES ARMES À FEU

« La situation est bien plus grave que la ministre de la Justice n'est prête à

l’avouer au public ou au Parlement. »

 Yorkton — Aujourd’hui, Garry Breitkreuz, député de Yorkton—Melville, a divulgué d’autres faits démontrant la faillite phénoménale du controversé registre des armes à feu du gouvernement. « Les données fournies par le gouvernement montrent que presque tous les Autochtones du pays ont boycotté son registre des armes à feu », a déclaré le député. « À la lumière de l’ensemble des données que le ministère de la Justice a accepté de dévoiler jusqu’à maintenant, le ministère de la Justice n’aurait délivré que 2 779 permis d’armes à feu à des Autochtones au cours des deux dernières années, ce qui représente un taux d’infraction consternant, même si on se base sur le nombre, fortement sous-évalué par le gouvernement, de propriétaires d’armes à feu que compte le Canada! »

 « D’après les statistiques les plus crédibles que le gouvernement ait publiées, j’estime que de 51 000 à 72 000 ménages autochtones possèdent au moins une arme à feu. Même en supposant que les 2 779 Autochtones qui ont un permis d’armes à feu appartiennent à 2 779 foyers différents, cela signifie qu’environ cinq pour cent des propriétaires d’armes autochtones se plieraient aux exigences du gouvernement en matière d’enregistrement. » Le député base son estimation sur des données de recensement de Statistique Canada qui montrent qu’au Canada, il y a plus de 500 000 Autochtones de plus de 15 ans, qu’il y a environ 300 000 ménages autochtones et que douze études du ministère de la Justice montrent que de 17 à 24 % des ménages canadiens possèdent au moins une arme à feu.

 En décembre et janvier derniers, des journaux ont rapporté des propos de défi tenus par des Autochtones des nations mohawk de Kahnawake, Kanesatake et Akwesasne, au Québec, et de Tyendinaga, en Ontario. Le 10 janvier 2001, le journal The Gazette de Montréal citait ainsi un chef autochtone : « Les nouvelles lois sur les armes à feu sont nulles et sans effet dans les territoires mohawk » [traduction libre]. Aiguillonné par cette désinvolture à l’égard du Code criminel du Canada, le député Breitkreuz a présenté un certain nombre de demandes d’accès à l’information (AAI). À la première, le ministère de la Justice a répondu, le 5 février, qu’il n’avait aucune donnée sur le nombre de permis d’armes à feu délivrés à des Autochtones au Canada. Le député de la Saskatchewan a alors présenté une autre demande, sachant pertinemment que seuls les Autochtones et les chasseurs de subsistance peuvent obtenir des permis d’armes à feu gratuitement. Dans sa réponse du 30 mars 2001, le ministère a fait savoir qu’un « GRAND TOTAL » de 2 779 « permis ont été délivrés sans frais »[traduction libre]. (Voir, ci-joint, la réponse à la demande d’AAI.)

 De plus, le tableau fourni par le ministère ventilait par province le nombre de permis délivrés à des Autochtones et à des chasseurs de subsistance. Le document montre bien que dans l’Ouest, le nombre d'Autochtones qui respectent la loi est vraiment pitoyable : en tout, 73 permis ont été délivrés en Colombie-Britannique, 92 en Alberta, 111 en Saskatchewan et 87 au Manitoba. « Ces résultats sont tout à fait risibles quand on sait combien d’Autochtones possèdent des armes à feu dans chacune de ces provinces », a déclaré M. Breitkreuz. « Ils mettent en évidence un mépris complet du régime chez les Autochtones. »

 « Pas surprenant que des représentants du Centre canadien des armes à feu (CCAF) ait eu des pourparlers secrets avec l’Assemblée des premières nations (APN) en janvier. » Le député a demandé une enquête policière sur des infractions au Code criminel qui ont pu être perpétrées au cours ou à la suite de ces entretiens. Le Commissaire de la GRC a conseillé à M. Breitkreuz de communiquer les documents qu’il a reçus au sujet de ces rencontres secrètes aux services de police municipale d’Edmonton, de Saskatoon et d’Ottawa pour qu’ils approfondissent l’enquête. « La semaine dernière, on a répondu à ma demande d’AAI concernant les procès-verbaux et les résultats de la rencontre de deux jours d’Edmonton. J’ai reçu onze pages de notes manuscrites. Le directeur général du CCAF, Maryantonett Flumian, le chef adjoint de l’Assemblée des premières nations, Bill Erasmus, et un certain nombre de représentants des deux organismes ont eu des entretiens pendant deux jours, et on espère me faire croire qu’il n’en est rien ressorti d’autre que  onze pages de notes manuscrites? La situation est bien plus grave que la ministre de la Justice n'est prête à l’avouer au public. »

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