
Le 27 février 2001
Pour diffusion immédiate
« Cela ne ferait-il pas partie du plan du
gouvernement visant à confier cet inqualifiable désastre au secteur privé? »
Ottawa — S’appuyant sur trois sources faisant
partie des préposés au registre des armes à feu de la GRC, M. Garry
Breitkreuz, député de Yorkton—Melville, a mis le Solliciteur général et la
ministre de la Justice dans l’obligation de fournir certaines explications. «
Depuis que les fuites ont commencé à la GRC, en 1997, nos sources ne se sont
jamais trompées. D’habitude, je donnais à mon personnel instruction de présenter
des demandes d’accès à l’information pour étayer ce qu’elles me révélaient,
mais ce qu’elles m’ont dit cette fois-ci est trop important pour attendre
une confirmation qui ne viendra pas avant des mois, car la GRC et le ministère
de la Justice vont tout faire pour cacher la vérité. Le temps est venu de voir
si les médias d’information peuvent confirmer certains de ces faits et les
rendre publics. Au point où on en est, même des dénégations pourront être
utiles lorsque nous mettrons la vérité au jour », à dit M. Breitkreuz.
Voici la déclaration que le député a faite à la
Chambre des communes :
M. Garry Breitkreuz (Yorkton--Melville, Alliance canadienne) :
Monsieur le Président, des sources bien informées nous apprennent que le
budget affecté par la GRC au registre canadien des armes à feu a été réduit
de 40 p. 100. Vingt vérificateurs ont déjà été mis en disponibilité. Il a
même été annoncé au personnel et aux représentants syndicaux qu'on
envisagerait de licencier la totalité des employés. Entre temps, ces derniers
ont reçu l'ordre de tripler leur productivité.
Au cours des deux dernières années, la GRC a délivré seulement 550
000 certificats d'enregistrement d'arme à feu, et elle accuse aujourd'hui un
retard de plus de 180 000 demandes. Il lui reste entre 7 millions et 20 millions
d'armes à feu à enregistrer au cours des deux prochaines années. Le directeur
de l'enregistrement a indiqué que le taux d'erreur dans le traitement des
demandes reçues est de 90 p. 100 et qu'il faudra jusqu’à 2010 pour
enregistrer toutes les armes à feu détenues en toute légalité au Canada.
Pourquoi le solliciteur général sabre-t-il dans le budget consacré au
registre et licencie-t-il le personnel? J’aurais voulu que ce soit pour la
raison que les libéraux commencent à regretter les milliards de dollars qu'ils
s'apprêtent à dilapider avec cet exercice futile et qu'ils préféreraient les
consacrer plutôt à la lutte contre le crime proprement dit. Malheureusement,
plutôt qu'au bons sens, les licenciements sont probablement attribuables au
programme de privatisation qu'envisage la ministre de la Justice.
« Je ne me contenterai pas de présenter des
demandes d’accès à l’information, je vais écrire au Commissaire à la
protection de la vie privée et au vérificateur général pour leur demander de
m’aider à trouver la vérité dans cette affaire », a déclaré le député.
« Je vais demander au Commissaire de vérifier l’information que nous avons
reçue selon laquelle on aurait noté un taux d’erreur de 50 % dans la base de
données que la GRC a constituée sur les 3,5 millions de Canadiens qu’elle
considère comme « pouvant être dangereux ». Je vais par ailleurs demander au
vérificateur général de faire évaluer l’effet que les réductions budgétaires,
les licenciements, l’ordre de tripler la productivité et l’élimination du
programme de vérification des armes à feu à la GRC auront sur les objectifs
avoués et l’efficacité du système d’enregistrement des armes à feu. »
« Tout ce que nous tenons de la ministre et de ses
bureaucrates indique que le registre des armes à feu des libéraux se dirige
tout droit vers un naufrage de proportions titanesques. Plus les libéraux
tentent de colmater les brèches dans leur système, plus ils en ouvrent, et ce
système, que l’on prétendait infaillible, va couler à pic comme le Titanic
», a conclu M. Breitkreuz.
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