Le fédéral roule aisément les médias avec les projets de loi
numérotés C-68
par Garry Breitkreuz, député de
Yorkton-Melville, 31 mars 1999
Je félicite les chroniqueurs et les éditorialistes qui ont commenté
le conditionnement médiatique fait par la ministre de la Justice Anne McLellan et
ses bureaucrates lors de la présentation, le 11 mars dernier, du projet de
loi C-68, Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents.
Quelques titres darticles ont attiré mon attention : « Les journalistes
ont pris pour argent comptant les boniments fédéraux » et « La course aux
scoops : en plein ce que les doreurs dimage ont recommandé ».
En lisant ces articles, je me suis rappelé dautres
« boniments fédéraux » que les médias ont pris pour argent comptant.
Cest peut-être une simple coïncidence, mais dans les deux cas il sagit
dun projet de loi numéroté C-68. En 1999, cest le projet de loi C-68, Loi
sur le système de justice pénale pour les adolescents. En 1995, cétait le
projet de loi C-68, Loi sur les armes à feu.
Voici comment les Libéraux ont roulé les médias à propos du projet
de loi C-68 version 1995 :
- Le ministère de la Justice a déclaré que lenregistrement des fusils et des
carabines ne coûterait que 85 millions de dollars sur cinq ans. Le gouvernement a
depuis admis que le système avait coûté jusquici près de 200 millions de
dollars et quil en coûtera de 50 à 60 millions de dollars pour le faire
fonctionner. Cet énorme dépassement de coûts na été signalé que par quelques
journaux. Le coût total va dépasser un milliard de dollars et limpact économique
na jamais même été étudié ou calculé, ce que les médias ont également omis
de signaler au peuple canadien.
- Le ministère de la Justice a affirmé quil ne prendrait pas dans le budget des
services de police largent nécessaire pour mettre en uvre le registre des
armes à feu. Mais le nombre des policiers par habitant ne cesse de diminuer depuis sept
ans alors que le nombre des incidents criminels par policier est en hausse. Le
gouvernement a sabré dans le budget de fonctionnement de la GRC et il na pas les
200 millions de dollars quil faudrait absolument pour améliorer le système
informatique du Centre dinformation de la police canadienne. Les médias négligent
de faire le lien entre le dépassement de coûts du registre des armes à feu et la
réduction du nombre de policiers sur le terrain, la réduction du budget dont dispose la
GRC pour lutter contre le crime organisé et la contrebande darmes à feu et de
drogues ainsi que le manque dargent pour les priorités plus élevées en matière
de sécurité publique.
- Sur la foi dun sondage mal conçu, le ministère de la Justice a conclu quil
ny avait que 3 millions de propriétaires darmes à feu et 7 millions
darmes à feu au pays. Le gouvernement a fait fi du témoignage des experts et des
estimations du gouvernement antérieur, selon lesquels il y avait près de 7 millions de
propriétaires darmes à feu et plus de 20 millions darmes à feu. La plupart
du temps, les médias nous citent les statistiques discréditées du gouvernement sans
jamais faire état des défauts de la méthodologie de sondage ni mentionner que les
chiffres sont contestés.
- Sur la foi dautres sondages mal conçus, le ministère de la Justice a conclu que
80 p. 100 des Canadiens étaient en faveur de lenregistrement des armes à
feu. Les médias passent sous silence dautres sondages plus complets qui indiquent
que lappui à lenregistrement des fusils et des carabines tombe à moins de
50 p. 100 lorsquon informe les répondants du vrai coût de
lenregistrement et de son impact sur les droits et les libertés.
- Le ministère de la Justice a déclaré à maintes reprises que la police était en
faveur de lenregistrement des fusils et des carabines. Les médias prennent cette
contrevérité pour argent comptant et omettent de préciser que tous les sondages menés
auprès des policiers de terrain ont confirmé que cétait exactement le contraire.
En Saskatchewan, par exemple, 100 p. 100 des chefs de police,
91 p. 100 des agents en exercice de la GRC et 76 p. 100 des membres de
la Saskatchewan Federation of Police Officers sopposent à lenregistrement des
fusils et des carabines.
- Sur la foi dune étude mal conçue, le ministère de la Justice a conclu
« que les fusils et les carabines étaient en cause dans 51 p. 100 des
crimes violents perpétrés avec des armes à feu ». Les médias ont largement fait
état de cette étude sans mentionner que, selon Statistique Canada, les fusils et les
carabines nétaient en cause que dans 6,9 p. 100 des crimes violents
perpétrés avec des armes à feu. Le commissaire de la GRC a même écrit au ministère
de la Justice pour déplorer que ses statistiques sur la criminalité aient été ainsi
dénaturées dans le rapport du ministère. Le commissaire sest exprimé en ces
termes : «Selon nos statistiques, 73 armes à feu ont été en cause dans des
crimes de violence contre 623 selon les statistiques du ministère de la Justice. En
outre, en 1993, la GRC a enquêté sur 88 162 crimes de violence et des armes à feu
étaient en cause dans seulement 73 de ces crimes ou 0,08 p. 100.» Fort
heureusement, certains journaux ont fait état des préoccupations de la GRC. Cependant,
le grand public nest toujours pas au courant de ces faits.
- Le ministère de la Justice déclare sans cesse que lenregistrement de millions de
fusils et de carabines va réduire lutilisation criminelle des armes à feu. Les
médias reprennent fidèlement ce mantra libéral, mais omettent de dire que, selon
Statistique Canada, 74 p. 100 de tous les crimes violents ont été commis à
laide darmes de poing dont lenregistrement est obligatoire depuis 1934.
Les médias négligent également de signaler que pendant toutes ces années, la GRC ne
sest jamais donné la peine de tenir des statistiques sur la question de savoir si
les armes de poing en question étaient enregistrées ou non ou encore interdites.
Cest comme si le gouvernement et les médias ne voulaient pas que le public sache la
vérité, à savoir que lenregistrement et linterdiction des armes à feu
nempêchent pas les criminels de sen procurer.
Je pourrais continuer, mais je crois que jai donné suffisamment
dexemples pour prouver que les maîtres bonimenteurs du gouvernement nont
aucune peine à tromper les médias. Il est vrai quun certain nombre de journaux et
de journalistes ici et là ont su dénoncer le tour de passe-passe du gouvernement
libéral au sujet de la version 1995 du projet de loi C-68. Je reconnais également
quun certain nombre de journaux ont pris fermement position contre le nouveau
registre des armes à feu. Mais ce projet de loi bidon ne sera corrigé que si le public
est correctement informé. À cet égard, les médias ont failli à leur devoir premier
envers le peuple du Canada. Il nest jamais trop tard pour bien faire.
Pour obtenir de plus amples renseignements, prière de sadresser
par téléphone, télécopieur ou courrier à :
Garry Breitkreuz, député de Yorkton-Melville, Chambre des
communes, Ottawa (Ontario) K1A 0A6
Téléphone : (613) 992-4394
Télécopieur : (613) 992-8676
Courriel : breitkreuzg@reform.ca